En 1868 commence une nouvelle période de l'histoire d'Okinawa avec la montée sur le trône impérial du jeune Mutsu-Hito. C'est une véritable rupture avec un passé féodal. Pour l'Okinawa-Te, c'est la fin de la clandestinité et de son utilité guerrière. En l'espace de 20 ans la motivation dans la pratique de l'art mortel des Ryû Kyû changea. Celui-ci se transforma lentement de technique guerrière en technique éducative, passant notamment par le maître Anko Itosu qui introduisit l'Okinawa-Te à l'école en 1902.
A partir du XXième siècle, de nombreuses écoles de karaté commencèrent à se distinguer sur l'île d'Okinawa et ce grâce à la formation de nouveaux élèves et aux fusionnements de différents styles. A cette époque, les trois styles de karaté majeurs sont le Shuri-Te, le Naha-Te et le Tomari-Te.
Il faudra attendre l'an 1916 pour que plusieurs maîtres de l'Okinawa-Te acceptent de démontrer publiquement leur art qui jusque là était resté secret. L'histoire retiendra le nom de Gichin Funakoshi, originaire de Shuri, qui partit le premier au Japon afin de démontrer son art lors d'une manifestation importante organisée par Jigoro Kano, fondateur du Judo, en 1922. Le public japonais fut émerveillé par ce nouvel art du combat qu'il ne connaissait pas. En 1938, Gichin Funakoshi fonde son propre Dojo à Tokyo, qu'il appellera le Shotokan. C'est à cette époque également que le nom de Okinawa-Te fut changé en celui de Karaté-Do afin de rompre la tradition chinoise face aux japonais. Le code du guerrier japonais fut intégré dans le Karaté de Funakoshi par le fils de ce dernier.
Le karaté s'est répandu en Europe occidentale après la seconde guerre mondiale et les américains s'en inspirèrent pour la création du full contact. Les premiers championnats du monde de karaté se déroulèrent à Tokyo en 1970, et c'est à cette occasion que fut créé la fédération internationale de karaté (WKF, World Karaté Federation).